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  Nouvelle-Calédonie > Social - 07/08/2009    
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Le conflit Aircal est réglé, l’USTKE se met en trêve
Le conflit est fini à Aircal. Le port est débloqué. Après une journée d’hésitations, l’USTKE a décidé de « suspendre » sa grève générale à compter de ce vendredi soir, et jusqu’au 22 août. Gérard Jodar, toujours incarcéré, doit comparaître devant la cour d’appel le 25.

C’est signé. Jeudi vers 2h30 du matin, la vice-présidente de l’USTKE et le président d’Aircal ont paraphé un protocole de fin de conflit qui met un terme à une grève entamée le 17 mars dernier. Dès hier matin, le port a été rouvert et la circulation a pu reprendre normalement aux abords de Nouméa, exception faite du Mont-Dore sud, toujours coupé du monde à la hauteur de Saint-Louis.
De là à dire que le calme est revenu pour de bon dans le pays, il y a un pas hasardeux à franchir.
Dans les rangs de l’USTKE d’abord, il y a ceux qui trouvent que l’accord est bon et équilibré, et puis ceux qui le trouvent insuffisant et entendent bien souffler sur des braises pas encore éteintes.
Et puis demeure l’autre grand motif des agitations et des affrontements de ces derniers jours : la libération de Gérard Jodar et des autres militants incarcérés au Camp-Est. Sur ce terrain-là, l’USTKE ne joue pas seule. Elle a le soutien, pas toujours contrôlable, d’un collectif formé de diverses organisations, associations et mouvements politiques, parmi lesquels Rheebu Nuu et des membres de l’Union calédonienne.

Caillassages au rond-point Berthelot à Nouméa.


Hier matin, le calme était quasiment réinstallé. Et la circulation possible sur tout le territoire. Seule restait à nettoyer la route de Saint-Louis, très encombrée par les débris et carcasses des affrontements de la veille. Mais au fil des heures, des poches de tension sont réapparues. Au col de Poya, une vingtaine de manifestants bloquaient le passage des camions. Un attroupement s’est constitué à Houaïlou. Un barrage a été installé une partie de la journée à Kouaoua, puis levé en fin d’après-midi. En début de soirées, des véhicules ont été caillassés à Nouméa, au rond-point Berthelot, à deux pas du siège de l’USTKE.
Une nouvelle assemblée générale du syndicat a eu lieu hier soir. Certains ont même songé à la tenir symboliquement au pied du Camp-Est. Finalement, les troupes de l’USTKE sont restées Vallée-du-Tir. Verdict ? La grève générale continue dans son principe. Mais elle est suspendue pour quinze jours. Elle reprendra le 22 août, trois jours avant le procès en appel du président incarcéré.


 

  Les grandes lignes du protocole 
Le protocole signé jeudi avant l’aube entre Marie-Pierre Goyetche et Nidoish Naisseline reprend dans les grandes lignes celui qui avait été élaboré le 11 juin dernier. S’y ajoute un préambule où sont clairement posées la vocation de service public et la mission de développement des Iles de la compagnie aérienne domestique. Et où sont reconnues la place et l’autorité des chefs coutumiers dans leurs relations avec Aircal.
S’agissant du paiement des jours de grève, un compromis a été trouvé. Pas de compensation pour les trente grévistes, mais une avance sur salaire correspondant à un mois, avance qui sera remboursée selon des modalités fixées au plus tard le 31 décembre prochain.
Enfin, Aircal renonce aux poursuites judiciaires contre ses salariés grévistes, exception faite des agissements du 28 juin qui ont occasionné d’importants dommages financiers, et à propos desquels la compagnie veut obtenir des dommages et intérêts.
  Les réactions 
Nidoish Naisseline (Aircal) : « Un protocole satisfaisant »
« Le protocole que nous avons signé a été travaillé pendant plus d’un mois par les dirigeants d’Aircal et nos avocats. Nous l’avons présenté hier et il a été accepté en très grande partie », affirme Nidoish Naisseline, le président d’Aircal. « En ce qui concerne les grévistes, il n’y aura pas de paiement des jours de grève, mais une avance sur salaire d’un mois, dont les modalités de remboursement seront définies au mois de décembre prochain. »
Les grandes lignes de l’accord sont d’abord un préambule, qui avait été acté en juin, à travers lequel les parties s’engagent à respecter la mission de service public et de continuité territoriale assurée par Air Calédonie. Le protocole reconnaît également la place et l’autorité des chefs coutumiers, notamment des Loyauté. Car Air Calédonie est un instrument essentiel du développement des îles.
Autre point capital de l’accord, les poursuites judicaires. Aircal s’est engagé à renoncer à engager des poursuites judiciaires contre les militants USTKE, à l’exception des faits liés à la journée du 28 juin, qui donnent lieu à des demandes de dommages et intérêts pour dégradations.
Quant au sort de la jeune Céline, dont la non-reconduction du contrat a été le point de départ du conflit, le 17 mars dernier, les parties sont convenues de s’en remettre à la décision à venir du tribunal du travail. Grosso modo, le grand chef de Guhama s’estime satisfait de l’accord intervenu. Même si, de son point de vue, « on aurait pu arrêter la grève bien avant si nous avions eu en face de nous quelqu’un comme Louis Kotra Uregeï à la place de Gérard Jodar ».

Marie-Pierre Goyetche (USTKE) : « La grève n’est pas terminée »
« Si nous avons signé cet accord, c’est que les termes nous conviennent », assure Marie-Pierre Goyetche, vice-présidente de l’USTKE, au lendemain de la signature. « Mais ça ne veut pas dire que la grève générale est terminée. Gérard Jodar et nos camarades sont toujours en prison. L’USTKE et plus généralement le collectif pour la liberté syndicale exigent toujours leur libération. C’est la raison pour laquelle nous allons décider de la suite de notre action. »
Pour Marie-Pierre Goyetche, si cet accord a pu être signé si vite, c’est en raison « de la montée en puissance de la mobilisation non seulement de l’USTKE, mais aussi des différents mouvements qui participent au collectif pour la libération de Gérard Jodar ».
« Ce n’est pas nous, mais le collectif qui a organisé les manifestations sur Saint-Louis. Et cette action a sans doute été déterminante dans le fait que Nidoish Naisseline ait enfin accepté de signer. Cela dit, la raison d’être du collectif n’était pas la résolution du conflit Aircal, mais la libération de nos camarades. Ce sont également en majorité des personnes extérieures à l’USTKE qui se sont mobilisées à Koné et à Poindimié et sont venues nous soutenir. Donc elles restent mobilisées et nous le sommes également. »
« D’autres actions seront menées dans les prochains jours sous une forme qui reste à déterminer. Nous considérons que l’emprisonnement de Gérard Jodar est étroitement lié au conflit d’Aircal et au fait que Nidoish Naisseline a refusé de signer le protocole d’accord du 11 juin. Les deux problèmes ne sont donc pas dissociables. »



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