Le conflit est fini à Aircal. Le port est débloqué. Après une journée d’hésitations, l’USTKE a décidé de « suspendre » sa grève générale à compter de ce vendredi soir, et jusqu’au 22 août. Gérard Jodar, toujours incarcéré, doit comparaître devant la cour d’appel le 25.
C’est signé. Jeudi vers 2h30 du matin, la vice-présidente de l’USTKE et le président d’Aircal ont paraphé un protocole de fin de conflit qui met un terme à une grève entamée le 17 mars dernier. Dès hier matin, le port a été rouvert et la circulation a pu reprendre normalement aux abords de Nouméa, exception faite du Mont-Dore sud, toujours coupé du monde à la hauteur de Saint-Louis.
De là à dire que le calme est revenu pour de bon dans le pays, il y a un pas hasardeux à franchir.
Dans les rangs de l’USTKE d’abord, il y a ceux qui trouvent que l’accord est bon et équilibré, et puis ceux qui le trouvent insuffisant et entendent bien souffler sur des braises pas encore éteintes.
Et puis demeure l’autre grand motif des agitations et des affrontements de ces derniers jours : la libération de Gérard Jodar et des autres militants incarcérés au Camp-Est. Sur ce terrain-là, l’USTKE ne joue pas seule. Elle a le soutien, pas toujours contrôlable, d’un collectif formé de diverses organisations, associations et mouvements politiques, parmi lesquels Rheebu Nuu et des membres de l’Union calédonienne.
Caillassages au rond-point Berthelot à Nouméa.
Hier matin, le calme était quasiment réinstallé. Et la circulation possible sur tout le territoire. Seule restait à nettoyer la route de Saint-Louis, très encombrée par les débris et carcasses des affrontements de la veille. Mais au fil des heures, des poches de tension sont réapparues. Au col de Poya, une vingtaine de manifestants bloquaient le passage des camions. Un attroupement s’est constitué à Houaïlou. Un barrage a été installé une partie de la journée à Kouaoua, puis levé en fin d’après-midi. En début de soirées, des véhicules ont été caillassés à Nouméa, au rond-point Berthelot, à deux pas du siège de l’USTKE.
Une nouvelle assemblée générale du syndicat a eu lieu hier soir. Certains ont même songé à la tenir symboliquement au pied du Camp-Est. Finalement, les troupes de l’USTKE sont restées Vallée-du-Tir. Verdict ? La grève générale continue dans son principe. Mais elle est suspendue pour quinze jours. Elle reprendra le 22 août, trois jours avant le procès en appel du président incarcéré.
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