Philippe Gomès, qui a obtenu à l’arraché un protocole d’accord mettant fin au conflit Aircal, remercie Louis Kotra Uregeï et Nidoish Nasseline pour leur sens des responsabilités. Mais il fustige les dirigeants de l’UC qui auraient mis de l’huile sur le feu.
« Compte tenu de la tournure dangereuse et incontrôlée que prenaient les événements, et du risque de se retrouver avec un ou plusieurs morts, il fallait impérativement que chacun fasse un pas vers l’autre. Louis Kotra Uregeï et Nidoish Naisseline ont tour à tour accepté de le faire, et je les remercie de leur sens des responsabilités. »
C’est un des enseignements que tire Philippe Gomès de la sortie du conflit Aircal. Mardi matin, compte tenu du climat insurrectionnel qui s’installait, le président du gouvernement a décidé au débotté de ne pas se rendre à Cairns pour tenter une conciliation avant que le pire ne se produise. Ça a marché.
« Il était clair que l’USTKE n’avait plus le contrôle de toutes les actions entreprises. On a bien vu que dans le Nord et à Poindimié, ils n’étaient pas à la barre. Ils ne l’étaient pas non plus à Saint-Louis. Les méthodes de ce syndicat sont connues. Elles ont leurs défauts. Mais on n’a jamais vu un militant du syndicat prendre un fusil et tirer à balles réelles sur les gendarmes. Les jeunes des quartiers n’étaient pas non plus sous contrôle. Pas formés, ils prenaient des risques pour eux-mêmes et les autres. »
« Une mandature où il faut construire plutôt que démolir. »
C’est comme ça qu’au bout de trois heures d’entrevue avec Louis Kotra Uregeï, fondateur et leader historique du syndicat, et à peu près autant avec Nidoish Naisseline, grand chef et président d’Aircal, on a fini par voir les deux camps se retrouver autour d’une même table dans la nuit de mercredi à jeudi. Et signer un protocole d’accord pas si éloigné de celui qui avait été négocié le 11 juin dernier.
Mais cette affaire a révélé au grand jour une difficulté majeure à laquelle se heurte le nouveau gouvernement : l’attitude, les prises de parole et les actions des membres Union Calédonienne de l’exécutif calédonien. Selon Philippe Gomès, il y a la patte de l’UC derrière les affrontements de Saint-Louis, tout comme dans ceux du Nord. Le membre UC du gouvernement chargé des transports, Yann Devillers, a publiquement pris fait et cause pour les grévistes, tout comme son conseiller Gilbert Tein, qui préside le comité de soutien à Gérard Jodar.
D’où le souhait de Philippe Gomès de rencontrer rapidement Charles Pidjot et Rock Wamytan. « Ces deux dirigeants sont signataires de l’accord de Nouméa. Je dois savoir si leur parti se situe toujours dans l’accord, ou s’il entend se placer en dehors. Par ailleurs, il va falloir définir une charte déontologique interne à notre institution. Un minimum de neutralité et de cohésion s’impose à chacun membre du gouvernement. Sinon, c’est le principe de collégialité qui s’effondre. Nous sommes dans une mandature stratégique où il faut construire plutôt que démolir. L’UC a toute sa place dans cette œuvre de construction, à condition qu’elle le veuille. »
|
|
|
Sur le même sujet |
|
|
 |
Dans la même rubrique |
|
|
 |
A la une |
|
|
 |
|