| Un homme roué de coups et des magasins vandalisés |
Un des gérants de Méca Moto a été lâchement agressé dans la nuit de jeudi à vendredi par une dizaine d’individus. Plusieurs enseignes du rond-point Berthelot ont également été saccagées et dévalisées. Les auteurs sont en fuite.
Alain est encore sous le choc de l’agression qu’il a subie dans la nuit de jeudi à vendredi. Vers 2 heures du matin, une société de surveillance lui signale qu’un cambriolage s’est produit et il décide de se rendre sur les lieux. Ce soir-là, juste en face, à la Vallée-du-Tir, se tenait l’assemblée générale de l’USTKE qui votait la fin de sa grève générale.
Une patrouille de police qui était intervenue avait dû rebrousser chemin après avoir été accueillie par des jets de pierres. Mais le quadragénaire n’avait qu’une idée en tête, protéger son magasin. « Je n’ai même pas eu le temps de rentrer dedans. Une dizaine d’individus complètement saouls m’ont sauté dessus, j’ai reçu des coups de poing, de pied. J’ai pris des bouts de verre, j’ai été canardé à coups de tison de bois et il y en a un qui avait une barre de fer. J’étais toujours debout et je suis parti en courant et un collègue m’a récupéré. » Après, ses agresseurs ont incendié son véhicule sous lequel son chien-loup s’était réfugié. L’animal, qui a pris la fuite, n’a pas encore été retrouvé. « C’est de la violence gratuite. J’ai failli mourir. J’ai eu la peur de ma vie. »
Près des vitres explosées de Méca Moto, on retrouve d’énormes pavés qui ont été lancés à plusieurs reprises. À l’intérieur du magasin, c’est un spectacle de désolation qui a accueilli les dix-huit salariés hier matin. Vingt-trois véhicules étaient au sol, des casques en vrac, des ordinateurs par terre, des vitrines brisées… Le préjudice du matériel volé, notamment des vestes et des casques, et des dégradations commises sur les façades et à l’intérieur sera long à estimer.
« Je n’ai pas de sentiment de colère pour cette violence, mais on se pose des questions
sur l’intervention de la police. »
Le magasin devra rester portes closes le temps de tout remettre en état. « C’est du saccage et du pillage », note Fabrice Müller, cogérant de Méca Moto, la gorge nouée. « C’est une délinquance gratuite, urbaine. Je n’ai pas de sentiment de colère pour cette violence, mais on se pose des questions sur l’intervention de la police. Il faut anticiper cette violence urbaine mais on ne se rend pas compte de l’ampleur. Il faut dire aux parents de ne pas laisser dehors leurs enfants, de ne pas faire perdre le boulot des gens qui suent pour travailler ! »
Juste à côté, les salariés d’Outsport pansent également les plaies de la nuit passée. Le magasin spécialisé dans les équipements sportifs a lui aussi été pillé et vandalisé. « Ils sont entrés jusque dans les stocks, ils sont montés à l’étage. On ne sait pas encore ce qu’ils ont volé », confie une employée qui récupère ce qui peut l’être. L’entrée a été brisée à coups de pavé. Des boîtes de chaussures ont été retrouvées à l’entrée, des cintres sans vêtements sur la route et des cartons de vêtements vidés ont été jetés côté Vallée-du-Tir. Le préjudice, là aussi, doit se compter en millions de francs.
Hier, les experts en assurance se relayaient pour chiffrer l’ampleur des dégâts. Deux vitrines ont été brisées dans un autre magasin. Plusieurs plaintes ont été déposées. Aux policiers désormais de tout mettre en œuvre pour interpeller les auteurs qui se trouvaient toujours dans la nature, hier soir.
Géraldine Pion
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