C’est l’accident le plus meurtrier de l’année. Quatre jeunes, victimes d’une sortie de route, sont décédés dans la nuit de dimanche à lundi. La voiture a fini sa course dans un trou d’eau quelques kilomètres avant Boulouparis sur la RT1. La vitesse excessive serait à l’origine du drame. En 48 heures, huit personnes, dont deux fillettes, ont péri sur les routes calédoniennes.
Rarement un week-end aura été aussi meurtrier sur les routes calédoniennes. Huit morts en à peine deux jours. Une mère et ses deux filles, vendredi soir, dans une sortie de route sur le pont de la Dumbéa. Un homme de 34 ans, dimanche matin, dans une collision à Ducos (lire ci-contre). Et puis cette sortie de route fatale pour quatre jeunes âgés de 19 à 28 ans, peu avant minuit, dimanche, près de Boulouparis.
Dimanche vers 23h45, trois kilomètres avant Boulouparis, entre Ouaméni et le lieu-dit Ouitchoé, un automobiliste qui venait de La Foa a vu la Peugeot 308 faire de grandes embardées, effectuer des tonneaux, avant de disparaître dix mètres en contrebas. Il sera le premier à donner l’alerte et aidera les secouristes à localiser le véhicule. Immobilisée sur le toit, la Peugeot stagnait dans plus d’un mètre d’eau.
À leur arrivée, pompiers et gendarmes découvrent avec tristesse l’ampleur du drame : deux jeunes hommes sont d’ores et déjà décédés. Ils ont été tués sur le coup. Deux autres succomberont quelques instants plus tard sur les lieux de l’accident. Ils n’auraient pas réussi à s’extraire de l’habitacle du véhicule emprisonné dans le trou d’eau et se seraient noyés. Pendant de longues heures, les pompiers ont procédé à la désincarcération des corps et ont tenté malgré tout de ranimer les victimes. En vain. L’intervention des secouristes a duré plus de quatre heures et demie et mobilisé une douzaine de secouristes, de pompiers et de gendarmes.
Les victimes sont d’origine mélanésienne. À l’avant de la voiture, les deux cousins de Bourail, âgés de 19 et 28 ans, portaient leur ceinture de sécurité. Deux cousins originaires de la Crouen (Canala), âgés de 23 et 27 ans, avaient pris place à l‘arrière de la Peugeot 308. Leur identité n’a pas été communiquée.
Ils regagnaient Nouméa où l’un d’eux devait reprendre le travail. Les quatre corps ont été évacués à la morgue du 5e Kilomètre.
« Les gendarmes continueront de travailler pour changer ces comportements »
« La fatigue peut être un facteur aggravant. Elle n’est pas exclue dans cet accident, tout comme l’alcoolisation qui est très fréquemment constatée. Il faut adapter sa vitesse à la configuration des lieux et à son état de fatigue. Les gendarmes continueront de travailler le long des routes pour changer ces comportements », a précisé hier Alain Bouédo, le commandant de la compagnie de La Foa.
L’enquête a été confiée à la brigade de Boulouparis. Les militaires s’efforceront de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cet accident. Hier, deux témoins devaient être entendus. « Selon les premiers éléments recueillis, le conducteur roulait à vive allure en direction de Nouméa. Il serait venu taper un talus en face puis la voiture s’est sans doute retournée avant d’atterrir tout en bas, sur le toit et dans l’eau. Le choc a été extrêmement violent. À ce jour, aucun élément ne permet de dire si le conducteur avait consommé ou non de l’alcool », a ajouté le commandant.
Des analyses toxicologiques sont en cours pour déterminer si le conducteur était sous l’empire de l’alcool ou s’il avait consommé des produits stupéfiants.
Malgré la présence soutenue des gendarmes au bord des routes, bon nombre d’automobilistes ne semblent pas encore avoir pris conscience qu’il fallait changer leur comportement au volant. Il faudra bien pourtant, un jour ou l’autre, que l’hécatombe s’arrête.
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