
[Mise à jour 20h45] La décision est tombée en fin de journée. Le tribunal a choisi de placer en détention provisoire l'un des quatre jeunes hommes suspectés d'avoir incendié l'agence Aircal, de Wé, à Lifou. Ce prévenu sera donc au Camp-Est jusqu'au procès, qui a été renvoyé au 14 novembre prochain. Les trois autres comparaîtront libres.
[16 heures] En plein conflit entre les collectifs d’usagers des îles et la compagnie aérienne [1], l’incendie de l’agence Aircal, dans la nuit du 4 au 5 octobre, a fait couler beaucoup d’encre. [2]
Alors que des pneus enflammés ont été retrouvés par les pompiers au niveau de la façade en bois à l’entrée du local, très vite, la piste criminelle ne fait plus l’ombre d’un doute. Le procureur Yves Dupas annonce alors l’ouverture d’une enquête pour "destruction volontaire par incendie".
La gendarmerie ne tarde pas identifier quatre jeunes hommes, soupçonnés d’être les auteurs du sinistre. Parmi eux, un joueur de football professionnel, qui fait carrière en Europe.
Présentés devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate, ce mardi après-midi, les prévenus, tous originaires de Lifou, ont demandé à leurs avocats le renvoi de l’affaire, qui leur est accordé de droit. Reste à savoir si ces jeunes hommes, âgés de 20 à 28 ans, ressortiront libres, seront placés sous contrôle judiciaire ou seront placés en détention provisoire en attendant la date de leur procès. Le tribunal tranchera d’ici la fin de l’après-midi.
Selon les premiers éléments de l’enquête, peu avant l’incendie, parmi les quatre prévenus, deux d’entre eux auraient menacé avec un sabre un couple pour "se venger" d’un de leur ami en raison d’un "différend".
Toujours est-il, après cette agression qui s’est soldée par des menaces de mort et une dégradation à coups de sabre de la porte du domicile des victimes, les deux prévenus auraient été rejoints par deux complices, dont le joueur de football professionnel. Le groupe aurait alors décidé de voler des pneus, de les placer contre l’agence Aircal et de les incendier en plaçant des bouts de tissus à l’intérieur.
Interpellés dès le samedi matin, les jeunes hommes ont vu la nature des faits qui leur sont reprochés requalifiés en "destruction en bande organisée", ce qui a fait passer leur garde à vue d’une durée de 48 heures à 96 heures.
La substitut du procureur requiert un maintien en détention d’ici leur procès, en raison du risque de pression sur les témoins ou les victimes et du risque de concertation entre les prévenus afin d'éviter une "redistribution des rôles" de chacun.
De quoi faire bondir la défense puisque trois des quatre prévenus ont un casier judiciaire vierge et "qu’aucun d’entre eux ne peut être considéré comme un délinquant". D’autant que les auteurs semblent reconnaître les faits, notamment le joueur de football professionnel, à en croire son avocate. "Durant sa garde à vue, il a été entendu trois fois en ma présence et il a, à chaque fois, assumé sa responsabilité, disant que c’est lui qui a eu cette idée stupide", annonce Maître Barbara Brunard, qui assure que cet acte "n’a rien à voir" avec le conflit entre des habitants et la compagnie aérienne.
Ce point ne sera abordé que lors du procès, dont la date sera communiquée, une fois que le tribunal aura statué sur le sort des prévenus.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/transports/blocage-des-aerodromes-des-pertes-estimees-a-100-millions-de-francs-pour-air-caledonie
[2] https://www.lnc.nc/article-direct/iles/lifou/faits-divers/mise-a-jour-agence-d-aircal-incendiee-a-lifou-le-personnel-debraye-a-magenta-une-enquete-ouverte-pour-destruction
[3] https://www.lnc.nc/user/password
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