
C'est devenu presque un passage obligé des ministres des Outre-mers lors de leur déplacement sur le Caillou et François-Noël Buffet n'a pas dérogé à la règle, en se rendant sur le site du RSMA (Régiment du service militaire adapté) de Koné, ce jeudi. Une visite éclair pour la délégation, mais un moment dont se souviendront encore longtemps deux jeunes Calédoniens actuellement en formation sur le site. Prévenus à la dernière minute, Imelda Tchiadinouma et Jérémy Gayon ont reçu une médaille pour récompenser le "mérite" de leur travail. Une distinction qu'ils ont eu la surprise de se voir remettre en main propre par François-Noël Buffet.
"On a eu un coup de pression d'un coup, être décoré par un ministre, c'est pas rien ! On a été très surpris", glisse, tout sourire, le jeune homme de 21 ans, originaire de Touho, qui suit une formation en maçonnerie. Une filière dans laquelle Jérémy ne compte pourtant pas persévérer. "Je suis devenu volontaire car j'aimerais m'engager dans l'armée, mais avant, je voulais avoir un avant-goût pour voir si le milieu militaire me plaît. Et c'est bon."
Alors que le pays a été secoué par une vague de violences auxquelles s'ajoute une crise économique et sociale, ce jeune du Nord estime que le RSMA est un outil d'autant plus important pour la jeunesse. "C'est vraiment un plus pour ceux qui n'ont pas de diplômes, mais qui veulent réussir, ceux qui vivent en tribu notamment. Ici, c'est encadré et strict, mais il y a beaucoup d'espoir pour tous les jeunes d'un peu partout d'avoir un avenir."
C'est la raison pour laquelle Imelda, 20 ans, originaire de Kaala-Gomen s'est engagée dans la filière peintre et plaquiste en bâtiment, un domaine dans lequel elle n'est pas allée au-delà du CAP. "J'aimerais pouvoir monter en compétences afin de réussir et de trouver du travail en province Nord, là d'où je viens".
Autant d'arguments auxquels s'est montré sensible le ministre des Outre-mer qui a promis qu'en dépit de la crise dans laquelle est plongée la Nouvelle-Calédonie, les financements de l'Etat dédiés au service militaire adapté ont été "sanctuarisés". Et ce, alors que le gouvernement français, dans le cadre de son projet de lois de finances, devrait opérer certains arbitrages drastiques.
"C'est une fierté et un plaisir de voir le travail de ces jeunes qui ont décidé de s'engager. On prend des gens qui ont pu avoir des difficultés, on les forme, on leur donne des capacités de pouvoir se préparer pour demain, en trouvant un travail ou en maintenant leur engagement (dans l'armée). C'est exemplaire", estime François-Noël Buffet, jugeant que le RSMA, sur le Caillou comme dans les autres territoires ultramarins, "remplit une mission essentielle". Et c'est pourquoi, "je peux dire aujourd'hui que le budget des RSMA sera maintenu et ne subira aucune baisse."
L'an passé, le montant des subventions allouées à ce dispositif en Nouvelle-Calédonie dépassait le milliard de francs, financés à 93,5% par l'Etat.
L’antenne de Koumac propose la filière "métiers de la santé et des secours" qui permet notamment de former de jeunes sapeurs pompiers volontaires de Nouvelle-Calédonie, mais également de Wallis-et-Futuna. À ce titre, les moyens matériels et les quatre cadres qui gèrent cette formation peuvent être appelés en renfort de la Sécurité civile lors d’incendies lorsque les équipes sont "dépassées". Une situation qui s’est notamment produite vendredi 11 octobre, alors que les flammes menaçaient un lotissement et une tribu de Koumac.
"Nous avons pu nous déployer en un quart d’heure sur zone en appui du SIVM Nord, ce qui a permis de protéger les habitations. Nous sommes restés mobilisés jusque tard dans la soirée, au moins jusqu’à 21 heures, racontent le sergent Alexandre et le caporal-chef Adrien, qui jugent "très utile" cette filière du RSMA car "il y a peu de moyens de pompiers dans le Nord", mais aussi "parce que cela permet à certains professionnels de la région qui n’ont pas le temps de descendre au centre de formation de Païta de se remettre à niveau à l’antenne de Koumac."