
Un peu plus de 8 heures et 18 minutes dans une eau à 14°C. Rien d’inhabituel pour Stève Stievnart [1], qui est devenu mardi 25 mars le premier Français à traverser le détroit de Cook. Ce bras de mer séparant l’île du Sud de l’île du Nord néo-zélandaise n’est pas infranchissable par la distance – 21 kilomètres à vol d’oiseau, un peu moins que la traversée Tahiti – Moorea tentée chaque année dans la Tahiti Swimming Dream -, mais est réputé difficile par ses conditions. Les courants sont très forts dans le "strait", et ont amené le "Phoque" à nager 30,8 kilomètres entre le port de Perano Head et le Cap Terawhiti.
Pour Stève Stievnart, 47 ans, cette performance n’est qu’une étape d’un défi plus grand : l’Ocean Sevens, qui rassemble des traversées d’exception tout autour de la planète. Ces dernières semaines, il s’est ainsi lancé, à chaque fois avec succès, dans la Manche, le North Channel entre la Grande Bretagne et l’Irlande, le Catalina channel, bien connu des rameurs polynésiens devant Los Angeles.
Prochaines étapes : la liaison Oahu – Molokai à Hawaï, le détroit de Tsugaru au Japon et celui de Gibraltar. En 2024, ce "nageur de l’extrême" été déjà devenu le premier homme à boucler le "ice Seven" en moins d’un an : un mile à parcourir dans les eaux les plus fraîches de chaque continent. Des lacs de haute montagne africains et chiliens aux cercles arctiques et antarctiques, il s’était à chaque fois jeté dans des eaux entre 0 et 5°C. À côté de ça, les 42 kilomètres de nage en pleine mer qu’il prévoit à Hawaï paraissent plutôt confortables.