
Située en mer des Philippines, en plein océan Pacifique à plus de 1 000 kilomètres de Tokyo, la petite île volcanique japonaise d’Iwo Jima est devenue célèbre pour avoir été le théâtre de cinq semaines de combats acharnés entre forces japonaises et américaines dans l’ultime phase de la Seconde Guerre mondiale. Au terme d’affrontements dans des tunnels, la quasi-totalité des 21 000 soldats japonais ont été tués, tandis que les Américains déploraient quelque 6 800 morts et 19 000 blessés. Cette bataille a notamment inspiré deux films au réalisateur américain Clint Eastwood en 2006, Mémoires de nos pères, qui présente le combat vu du côté américain, et Lettres d’Iwo Jima, qui relate le conflit du point de vue japonais. Des images d’archives filmées par l’armée américaine, sur le site de l’INA [1] permettent de mesurer l’ampleur des affrontements.
"Je tiens à rendre hommage à ceux qui ont combattu pour notre pays à Iwo Jima et à renouveler notre engagement en faveur de la paix", a déclaré Shigeru Ishiba, lors d’une cérémonie conjointe sur l’île, destinée selon Tokyo à "confirmer la réconciliation" d’après-guerre. "Je veux également réitérer notre détermination […] à porter l’alliance américano-japonaise, porteuse de paix et de prospérité pour le monde, vers de nouveaux sommets", a-t-il insisté.
Les recherches pour retrouver les restes des victimes continuent sur cette île isolée interdite aux civils et connue au Japon sous le nom d’Iwo-To. Un cliché emblématique montrant des Marines arc-boutés pour y hisser le drapeau américain est devenu l’une des photos les plus célèbres du conflit mondial.
"L’alliance américano-japonaise montre à ces braves hommes de 1945 comment l’ennemi d’hier est devenu l’ami d’aujourd’hui", a déclaré Pete Hegseth, secrétaire américain à la Défense.
"Notre alliance a été et demeure la pierre angulaire de la liberté, de la prospérité, de la sécurité et de la paix dans la région indo-pacifique, et elle le restera", a-t-il affirmé.
Une rencontre entre les deux hommes politiques était prévue dimanche 30 mars. Les discussions devaient porter sur "la reconnaissance mutuelle des enjeux régionaux, (...) des mesures visant à renforcer la réactivité et la dissuasion", selon Gen Nakatani. L’archipel reste dépendant des États-Unis pour sa sécurité : 54 000 militaires américains sont stationnés au Japon, principalement à Okinawa, à l’est de Taïwan – île dont Pékin revendique la souveraineté. Abandonnant son strict positionnement pacifiste, Tokyo s’efforce de se doter de capacités de "contre-attaque" et de doubler ses dépenses militaires pour atteindre 2 % du PIB. Washington pourrait lui demander d’en faire davantage.
"Nous avons un accord intéressant avec le Japon : nous devons les protéger, mais eux ne sont pas tenus de nous protéger. Qui conclut de tels accords ?", s’est exclamé le président américain Donald Trump en mars. Pete Hegseth a entamé sa tournée en Asie par une visite à Manille, où il a estimé vendredi, que les États-Unis et les Philippines devaient se "serrer les coudes" face aux "menaces que font peser les Chinois communistes". Les garde-côtes chinois ont fréquemment des altercations avec leurs homologues philippins, Pékin revendiquant une grande partie des îles et récifs de la mer de Chine méridionale.