- Baptiste Gouret | Crée le 28.03.2025 à 08h00 | Mis à jour le 28.03.2025 à 08h24ImprimerLe chantier de sécurisation du barrage de Dumbéa fait partie des opérations d’investissement inscrites au budget primitif 2025 de la Nouvelle-Calédonie, examiné ce vendredi 27 mars au Congrès. Photo Archives LNC/Anthony TejeroJournée dense en perspective pour les membres du Congrès, qui s’apprêtent à examiner le budget primitif de la Nouvelle-Calédonie. Un exercice 2025 forcément marqué par la crise, malgré le soutien financier de l’État, et qui aura des répercussions sur l’ensemble des collectivités calédoniennes. Le point, en cinq chiffres, sur les prévisions budgétaires de l’année.
44 milliards de recettes fiscales en moins
C’est certainement la donnée qui pose le plus de difficultés aux services du gouvernement dans l’élaboration d’un budget 2025 à l’équilibre. Cette année, la Nouvelle-Calédonie est privée de 44 milliards de recettes fiscales par rapport à 2024. Une chute de 21 %, qui vient s’ajouter à une précédente baisse de 7 % (12 milliards) entre 2023 et 2024. La perte d’environ 11 000 emplois consécutive à la destruction et dégradation de plusieurs centaines d’entreprises durant les émeutes est étroitement liée à cette baisse. Les recettes issues de l’impôt sur les sociétés ont par exemple diminué de 14 % (pour l’impôt à 30 %) à 49 % (pour l’impôt à 35 %) en un an. Celles provenant des patentes ont baissé de 23 %, et les impôts sur le revenu de 16 %.
Cette chute globale des recettes fiscales est toutefois atténuée par l’indemnisation des entreprises sinistrées et une subvention de 24 milliards de francs de l’État pour la reconstruction des bâtiments publics "qui devrait permettre de dynamiser la fiscalité indirecte", estime le gouvernement.
101,8 milliards de dotations aux collectivités, une baisse contenue
La prévision des recettes fiscales laissait craindre le pire pour le budget des communes et des provinces, qui dépendent en grande partie de dotations versées par la Nouvelle-Calédonie. Une baisse de 32 milliards, soit 28 %, de l’assiette nette des dotations était envisagée. Mais une compensation de 19,5 milliards, prise sur le prêt de 120 milliards de l’AFD garanti par l’État, est venue atténuer ce résultat inquiétant.
Ainsi, la baisse n’est "que" de 11 % par rapport à 2023, soit -12,4 milliards de francs. En valeur, ce sont les provinces qui sont les plus affectées, avec -6,9 milliards de francs, suivies des communes (-3,1 milliards) et de la Nouvelle-Calédonie (-2,4 milliards). Mais ce sont bien les communes qui perdent le plus, puisque leur perte représente -15,4 % par rapport à 2023, contre -11 % pour les provinces. Pour limiter la casse, une subvention exceptionnelle d’1,5 milliard de francs leur est octroyée au budget primitif 2025.
16,3 milliards de masse salariale
Elle représente 48 % des dépenses réelles de fonctionnement du budget de la Nouvelle-Calédonie. La masse salariale s’élève cette année à 16,3 milliards de francs. Une diminution d’1,2 % par rapport à 2024, qui se traduit par le gel et la suppression d’un certain nombre de postes. Depuis plusieurs mois, l’exécutif travaille à l’élaboration d’un "plan d’évolution de l’administration (PEA)" qui consiste à réduire la masse salariale de 5 % d’ici 2027. Outre la suppression de postes, cela passera par la fusion de certaines directions et services et la réorganisation de l’administration.
7,2 milliards d’investissement
C’est certainement un des seuls postes en (légère) augmentation cette année. Les opérations d’investissement vont s’élever à 7,2 milliards de francs en 2025, en hausse de 2 % par rapport à 2023, année de référence. Dans cette enveloppe, 31 % de la somme seront consacrés aux chantiers sur les routes (pont de La Tontouta, double voie Nouméa-Tontouta, pont de Nouville…), 20 % pour l’enseignement (reconstruction lycée Petro-Attiti, financement Ddec, rénovation du lycée agricole…), 17 % pour l’environnement, l’aménagement et l’urbanisme (barrage de Dumbéa, radars météo…), 15 % pour la culture (bibliothèque Bernheim, extension musée…) et enfin 11 % pour l’action publique (rénovation maison Gabriel-Poedi, requalification du site Gaston-Bourret…).
52,8 milliards de dette
Dans la section investissement, la dette encourue par la Nouvelle-Calédonie représente près de la moitié du budget 2025. Elle s’élève cette année à 52,8 milliards de francs, sur 109,5 milliards d’investissement. Elle est constituée d’1,8 milliard pour les prêts Covid et de 3,5 milliards pour la dette dite "classique" de la collectivité.
Mais c’est bien le remboursement des avances octroyées par l’État en 2024 pour surmonter la crise qui l’a fait exploser : sur les 120 milliards du prêt de l’AFD, la Nouvelle-Calédonie a alloué 46,6 milliards de francs au remboursement des avances de trésorerie de l’État, auxquels s’ajoutent 3 milliards d’intérêts intercalaires.
Sur ce prêt, 45 milliards seront mobilisés en 2025 pour financier le système électrique (4,4 milliards), le Ruamm (9,9 milliards), le chômage (11,2 milliards) et pour compenser la perte des recettes fiscales (19,5 milliards). Le reste (24,7 milliards) sera mobilisé en 2026 et en 2027.
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