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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 31.03.2025 à 18h25 | Mis à jour le 31.03.2025 à 18h25
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    Le vote du budget 2025 a donné lieu à une séance mouvementée le vendredi 28 mars, au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Photo Baptiste Gouret
    Le budget de la Nouvelle-Calédonie a été adopté de justesse à l’occasion d’une séance mouvementée vendredi 28 mars. Vingt-cinq voix pour, vingt-cinq contre et trois abstentions. Le territoire n’est pas passé loin de la mise sous tutelle. Les opposants au document ont expliqué leur vote ce lundi 31 mars.

    La séance au Congrès, vendredi 28 mars, a été marquée par une très longue interruption, des échanges houleux et finalement le vote de Veylma Falaeo, la présidente, qui a fait basculer le scrutin en faveur de l’adoption du budget de la Nouvelle-Calédonie. Alors que son parti, l’Éveil océanien, s’est abstenu, elle a décidé, "par sens des responsabilités", de faire basculer le vote pour permettre à ce "budget de survie" d’être adopté dans les temps, sa voix étant prépondérante en tant que présidente de l’institution.

    Les opposants au budget ont été critiqués, notamment par le camp loyaliste, qui leur reproche "leur incohérence" ou leur manque de sens des responsabilités. Dans le viseur, le groupe UC-FLNKS et nationalistes, les deux élus de l’Éveil océanien et Yoann Lecourieux, qui ont expliqué leur positionnement ce lundi 31 mars.

    UC-FLNKS et Nationalistes : "Une politique punitive"

    Dans un communiqué, Pierre-Chanel Tutugoro, au nom du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, qualifie son choix de voter contre le budget de "difficile et douloureux", mais pleinement assumé. Pour lui, le document financier ne contribuera "que faiblement à la relance économique", car il s’appuie sur "un endettement massif et insoutenable de la Nouvelle-Calédonie", avec un nouvel emprunt qui servira "en grande partie à rembourser les prêts et avance déjà octroyés par l’État". Il évoque également un taux d’intérêt "exagérément élevé" (4,75 %). "Cette politique budgétaire deviendra le fardeau des générations suivantes et ne fait qu’accentuer notre dépendance à la France", estime le président du groupe, qui défend la transformation de ce prêt en subvention. Le budget n’est donc "ni responsable ni porteur d’avenir". Les élus UC-FLNKS et Nationalistes plaident plutôt pour "une réforme fiscale d’envergure", "un impôt progressif sur le patrimoine", "la révision des niches fiscales" et "la suppression des dispositifs favorisant l’optimisation fiscale au détriment du bien commun".

    Éveil océanien : "Enterrer les générations futures sous la dette"

    Les élus de l’Éveil océanien expliquent sur la page Facebook du parti leur abstention par la dette que le prêt va faire peser sur les finances du pays, "déjà endetté avec les prêts Covid et les différentes crises qui se sont succédé". Pour l’EO, ces 120 milliards "vont définitivement nous enterrer avec les générations suivantes sous la dette. Et tout ça, pour que seule la moitié nous soit utile, puisque l’autre ne servira qu’à rembourser les 46 milliards de 2024 et payer les intérêts." Favorable lui aussi à une aide sous forme de subvention, l’Éveil océanien indique que son "abstention signifie à ceux qui ont fait un travail de sape pour obtenir ce prêt de prendre leurs responsabilités".

    EO estime que la situation du pays "ne date pas du 13 mai mais est l’héritage de l’incapacité de réformer notre pays depuis ces décennies". Et rappelle qu’en 2022, "quand les loyalistes quittaient l’hémicycle, c’est nous qui permettions au budget du gouvernement Mapou d’être voté. Sur les budgets suivants aussi nous avons accompagné avec responsabilité". Une responsabilité que les élus de l’EO disent illustrer par la décision de Veylma Falaeo de voter finalement en faveur du texte.

    Yoann Lecourieux : "La jeunesse dangereusement sous-représentée"

    Particulièrement critiqué par sa famille politique pour son abstention, Yoann Lecourieux, qui ne fait plus partie du groupe Rassemblement au Congrès, s’est également fendu d’un communiqué pour expliquer les raisons de son non-vote. Il précise, en premier lieu, avoir "voté en faveur du budget de reversement, essentiel pour le financement des organismes publics, ainsi que celui de répartition, qui détermine les dotations aux collectivités et l’habilitation donnée au président pour signer le prêt de l’État". Leur adoption est qualifiée "d’indispensable pour soutenir l’économie" par le maire de Dumbéa.

    C’est sur le vote du budget propre, que s’est abstenu Yoann Lecourieux, en raison "du manque de vision et de profondeur de ce document". Selon lui, "alors que la jeunesse devrait être une priorité, elle y est dangereusement sous-représentée". Des choix que l’élu qui siège depuis le début de l’année hors groupe juge "incompréhensibles, comme si aucune leçon n’avait été tirée des évènements de l’année dernière. Les crédits pour la culture, le sport et le social ont été drastiquement réduits, alors qu’ils sont fondamentaux pour un vivre ensemble harmonieux". Le maire de Dumbéa relativise également la portée de son abstention et renvoie la responsabilité vers "l’alliance qui forme la majorité actuelle du gouvernement", une référence à peine voilée à l’Éveil océanien.

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