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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 31.01.2025 à 17h24 | Mis à jour le 31.01.2025 à 17h24
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    Les représentants des organisations syndicales et patronales ont été reçus par Thierry Santa et Christopher Gygès, ce vendredi 31 janvier. Les deux membres du 18e gouvernement veulent mener une réflexion commune sur l’évolution des régimes de chômage. Photo Baptiste Gouret
    La fin programmée de ce dispositif mis en place à la suite des exactions pourrait entraîner le licenciement de plusieurs milliers de salariés. Pour y faire face, l’exécutif et les syndicats ont entamé une réflexion commune sur l'évolution des différents régimes de chômage et la relance économique.

    Deux membres du 18e gouvernement face aux représentants des organisations syndicales et patronales de Nouvelle-Calédonie. La séquence, organisée ce vendredi 31 janvier au siège du gouvernement et ouverte à la presse, devait traduire la volonté du nouvel exécutif de "s’inscrire dans une logique de dialogue social" et une "volonté d’avancer ensemble", a exprimé Christopher Gygès, porte-parole du 18e gouvernement, accompagné de Thierry Santa, chargé du budget et des finances.

    Pendant près d’une heure et demie, les deux membres de l’exécutif calédonien et les partenaires sociaux ont échangé sur le sujet brûlant du chômage, guidés par une problématique centrale : comment préparer la fin annoncée du dispositif de chômage partiel spécifique lié aux exactions de mai 2024 ? Son financement est garanti jusqu’au 31 mars, grâce à un reliquat d’un peu plus de deux milliards de francs. L’exécutif espère obtenir quelques milliards supplémentaires de l’État pour le prolonger jusqu’en juin, mais est bien conscient que ce renouvellement, s’il est validé, sera le dernier. Depuis le lancement du dispositif il y a neuf mois, 22 650 personnes en ont bénéficié. Un peu plus de 3 000 personnes étaient encore indemnisés sous ce régime en octobre, dernier mois où l’on dispose de chiffres consolidés.

    Un besoin de financement à 21 milliards

    L’arrêt du dispositif pourrait donc entraîner le licenciement économique des salariés qui en seraient encore dépendants en juillet 2025, et les faire basculer dans le régime du chômage total de droit commun, bien moins avantageux. Des représentants des services de la Cafat étaient présents, ce vendredi, pour présenter leurs projections. Ils estiment que "66 % des bénéficiaires basculeront du chômage partiel exactions vers un autre dispositif" lorsque celui-ci prendra fin. Cela pourrait représenter "2 700 chômeurs par mois" supplémentaires, soit une augmentation de 4 milliards de francs pour le seul régime de chômage de droit commun en 2025. Le montant nécessaire pour financer l’ensemble des régimes est estimé à 21 milliards de francs. Une situation intenable pour les comptes de la Cafat.


    Thierry Santa et Christopher Gygès à l’issue de la réunion avec les partenaires sociaux, vendredi 31 janvier. Photo Baptiste Gouret

    Le 18e gouvernement et les partenaires sociaux vont donc devoir réfléchir à "l’évolution de ces dispositifs", a indiqué Christopher Gygès. Déjà, le niveau d’indemnisation du chômage partiel a été revu à la baisse, passant de 70 % à 50 % du salaire brut (dans la limite de 2,5 SMG). L’exécutif mise également sur les 120 milliards du prêt inscrit au projet de loi de finances 2025. "À charge pour nous de répartir au mieux cette enveloppe", souligne Thierry Santa.

    Relance économique

    D’autres pistes sont évoquées, notamment l’harmonisation des différents régimes de chômage pour rendre celui de droit commun, actuellement "très faible" (110 000 francs par mois), plus intéressant. "Il va falloir qu’on trouve les idées qui nous permettent de pérenniser ces différents dispositifs", juge Tony Dupré, vice-président de la Cogetra, qui a participé à la réunion et salue la méthode du gouvernement. "On sent une volonté de transparence et d’associer tout le monde." Le syndicat a déjà plusieurs propositions en tête : multiplier les contrôles et renforcer les critères d’attribution "pour éviter les effets d’aubaine", faire participer les entreprises au financement du chômage partiel…

    Reste qu’à terme, l’unique solution "ce sera la relance économique du pays", insiste Christopher Gygès, qui se veut optimiste : "Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme, on a les moyens de s’en sortir, mais il faut que tout le monde tire dans la même direction."

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